La cybersécurité n'est plus seulement un aspect de l'informatique, mais une priorité stratégique majeure, surtout à l'heure où les cyberattaques de grande envergure se multiplient. Un élément de la cybersécurité, parfois négligé, est la surface de confiance. Par définition, la surface de confiance désigne l'ensemble des points d'un système où une décision de confiance doit être prise. Plus la surface de confiance est réduite, mieux le système est sécurisé, car il comporte moins de vulnérabilités. Ce guide explore des stratégies efficaces pour minimiser la surface de confiance et renforcer vos mesures de cybersécurité.
Comprendre la surface de confiance en cybersécurité
Le concept de surface de confiance est lié à celui de « surface d'attaque » en cybersécurité. Il représente l'ensemble des composants, systèmes, données et interactions de confiance au sein d'un écosystème informatique. La surface de confiance englobe tous les éléments de vos systèmes auxquels vous devez faire confiance pour garantir la sécurité, qu'il s'agisse de logiciels, de matériel ou d'humains. Plus votre surface de confiance est étendue, plus les points de défaillance (et donc les vulnérabilités potentielles) sont nombreux. Il est par conséquent crucial de comprendre comment la minimiser.
Pourquoi minimiser la surface de confiance ?
Réduire la surface de confiance permet une évaluation des risques plus aisée, une architecture de sécurité optimisée, une diminution des vecteurs d'attaque et une sécurité globale renforcée. En minimisant la surface de confiance, vous réduisez les zones d'impact potentielles pour un attaquant. C'est une question de probabilités : moins de points d'entrée pour l'intrusion diminuent inévitablement les chances de réussite d'une violation de données.
Stratégies pour minimiser la surface de confiance
Compte tenu de l'importance de la réduction de la surface de confiance, voici quelques stratégies pratiques que vous pouvez mettre en œuvre :
1. Principe du moindre privilège
Le principe du moindre privilège (PoLP) est un concept de sécurité informatique selon lequel un utilisateur ne dispose que des droits d'accès minimaux nécessaires à l'exercice de ses fonctions. Cette stratégie contribue grandement à réduire la surface de confiance. En limitant les privilèges, vous contrôlez les points d'accès à votre système et, par conséquent, le nombre de vulnérabilités potentielles.
2. Utilisation des microservices
Les microservices, souvent utilisés pour développer des systèmes logiciels facilement évolutifs et rapides à mettre en œuvre, contribuent également à réduire la surface de confiance. Ils isolent les services, chacun exécutant un processus unique. Si un service tombe en panne, cela n'affecte pas immédiatement les autres. Cette isolation réduit la surface de confiance en limitant la portée des failles potentielles au sein du système.
3. Architecture Zero Trust
Le modèle Zero Trust est un concept de sécurité fondé sur le principe que les organisations, quel que soit leur emplacement, ne doivent accorder leur confiance aveuglément à aucune source, qu'elle soit interne ou externe à leur réseau. Elles doivent au contraire vérifier systématiquement toute tentative de connexion à leurs systèmes avant d'en autoriser l'accès. Ce modèle souligne l'importance d'accorder la confiance avec parcimonie et contribue à réduire considérablement la surface de confiance.
4. Correctifs et mises à jour régulières
La mise à jour et le correctif réguliers des systèmes sont essentiels pour minimiser la surface de confiance. Les systèmes obsolètes peuvent présenter des vulnérabilités, ce qui augmente cette surface. Maintenir ses systèmes à jour garantit une protection contre les vulnérabilités connues.
5. Segmentation du réseau
La segmentation de réseau consiste à diviser un réseau informatique en parties plus petites. Chaque segment constitue une zone de confiance distincte, dotée de ses propres règles et politiques. Cela permet de limiter les déplacements des attaquants au sein du réseau et de réduire ainsi la surface de confiance.
6. Incorporer des modules de sécurité matériels (HSM)
Les modules de sécurité matériels (HSM) sont des dispositifs physiques qui gèrent les clés numériques de manière sécurisée, effectuent des opérations de chiffrement et de déchiffrement et offrent un environnement sécurisé pour les aspects les plus vulnérables d'un système. La mise en œuvre de HSM permet de réduire la surface de confiance en isolant physiquement les éléments critiques.
Considérations relatives à la minimisation de la surface de confiance
Bien qu'il soit essentiel de minimiser la surface de confiance, les décideurs doivent tenir compte des points suivants. Il est impératif de ne pas sacrifier la fonctionnalité au profit de la sécurité, ni l'inverse. De plus, il convient de veiller à ce que les processus de sécurité ne soient ni source de frustration pour les utilisateurs finaux, ni les dissuadant de suivre les protocoles.
De plus, bien que la réduction de la surface de confiance soit cruciale, il est impossible de l'éliminer totalement. Aucun système ne sera jamais sécurisé ni fiable à 100 % en raison de la nature complexe et évolutive des menaces numériques. C'est pourquoi les outils et les stratégies utilisés pour réduire la surface de confiance doivent s'inscrire dans une stratégie de cybersécurité globale et intégrée.
En conclusion, réduire la surface de confiance est une des nombreuses mesures à prendre pour renforcer votre cybersécurité. Cela implique d'identifier les points de confiance au sein de vos systèmes, puis de combiner différentes stratégies pour les réduire. La sécurité n'est pas un but en soi, mais un processus continu. En adaptant constamment vos stratégies pour minimiser votre surface de confiance, vous vous assurez de progresser dans la bonne direction en matière de cybersécurité.